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par Nicolas Rivet

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29 novembre 2022, 10:31

Epuisement

Nous vîmes cette année-là les arbres en feuilles jusque tard dans l'automne. Début décembre, les haies qui jouxtaient la maison, comme les arbres du verger, portaient encore leur parure à peine jaunie.
Le premier gel permit enfin la chute puis l'endormissement du monde.

Beaucoup d'arbres épuisés ne se réveillèrent pourtant pas au printemps suivant.

28 novembre 2022, 11:07

Semer la mort (Violence 5)

Contaminer l'eau du puits.
Violer la femme.
Piller les oeuvres.

18 novembre 2022, 13:17

Haine de la Justice ? (Violence 3)

"Justes mais sans merci, aucune prière ni sacrifice ne peut les émouvoir, ni les empêcher d'accomplir leur tâche. Elles refusent les circonstances atténuantes et punissent toutes les offenses contre la société et la nature telles que le parjure, la violation des rites de l'hospitalité et surtout les crimes ou l'homicide contre la famille. À l'origine, les êtres humains ne peuvent ni ne doivent punir les crimes horribles. Il revient aux Érinyes de poursuivre le meurtrier de l'être assassiné et d'en tirer vengeance".

(Wikipedia, citation de Édith Hamilton, La mythologie, ses dieux, ses héros, ses légendes)

"Divinités chtoniques (de la terre, et pas des cieux, ce que je ne trouve pas anecdotique),elles pourchassent sans relâche les criminels qui, par leurs actions néfastes, ont troublé l'ordre public et social [...] Elles inspirent des remords, la crainte du châtiment, l'angoisse sans fin". (Joel Schmidt, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Larousse)

Le pouvoir de justice des érinyes dépasse le jugement humain, c'est en cela qu'elles tiennent de la vengeance, justice plus forte que celle mise en place par les sociétés. Cependant leur champ d'action n'outrepasse pas celui du "trouble à l'ordre public et social".

C'est leur intransigeance qui les rend terribles. Assimilées au remord du coupable comme à la vengeance de la victime, elles agacent même les autres divinités, dont elles ne dépendent en rien. Pas de rémission possible. Cette absolue soif de justice ne les rend pas populaires : elles sont, au mieux, craintes, au pire, détestées.

18 novembre 2022, 11:21

La main et les yeux (Violence 4)

Deux notions : donner la mort sous les yeux des autres (question que je me posais déjà dans Violence 1 il y a quelques mois), et principe de révolution (réappropriation de la délégation de pouvoir, passage à l'acte)

"L'homme sage sait quand il n'a plus de pouvoir", affirme le personnage de Danton dans un film sur la Révolution Française. Il ne s'agit pas là de partir à la retraite, mais de laisser la violence, la "colère populaire" se déverser et se purger d'elle-même, outrepassant toute loi et toute justice, et rendre (momentanément) à ceux qui nous l'avaient délégué l'application, sans aucun cadre ni limite, de cette justice.

A quel moment, et dans quelles conditions, le pouvoir peut se permettre de rendre au peuple le contrôle des droits et des torts ? Sans à court-terme perdre totalement la main-mise sur l'autorité ?

Côme Simien parle ainsi de la justice de foule : "la foule qui tue agit pour la foule qui regarde. La foule qui regarde assure celle qui tue de sa confiance. La puissance symbolique de la foule meurtrière est donc phénoménale : il faut être vu aussi largement que possible".

La tuerie a besoin du regard (le tiers agissant  : victime, bourreau, témoin)

Peter Sloterdijk : "basculement de l'écosystème de la résignation" (principe même de la Révolution) Sentiment qu'on a le droit de demander autre chose. Abolition de sa propre auto-censure : passage à l'acte.

14 novembre 2022, 15:49

Sciatique et four à micro-ondes

Une petite réflexion qui me tourne en boucle dans la tête depuis quelques jours...
Donnant des nouvelles à une collègue d'il y a une dizaine d'années (elle m'avouait être arrêtée pour au moins six mois à cause de problèmes de dos récurrents l'ayant amené à une sciatique paralysante... Je l'ai toujours connue avec des problèmes de dos, jamais arrêtée, mais demandant sans relâche que son poste soit adapté, ce qui se fit toujours en traînant les pieds, évidemment, jusqu'à ce moment ultime où tu t'es donnée à fond pour ton employeur qui en a fait le minimum jusqu'à ton usure complète, et qui s'est permis, lorsque le corps a enfin dit non, de la gratifier d'un simple "ha ben tu nous lâches quand il y a du boulot", ce qui me réjouit de toujours donner au travail sa juste mesure),
donnant des nouvelles, donc, des vieux de la famille, j'évoque ces parents qui n'ont pas 80 ans mais perdent le fil des choses comme la grand-mère, sauf qu'elle, a 93 ans ; elle me fait cette réflexion : "la grand-mère n'avait pas besoin de programmer son four".

Je n'avais jamais pensé à la corrélation entre nos aînés de plus en plus perdus et la stimulation complexe (sous l'apparente facilité de ses protocoles, mais il y en a tant) et permanente du cerveau pour toutes les tâches de la vie quotidienne : identifications multiples, mises à jours, veille, contrôle, programmation, rappels. Il y a bel et bien de quoi devenir fou ou rapidement perdre la maîtrise (mais ça c'est voulu, que nous ne puissions plus dominer la machine et la procédure) ou la mémoire de toutes ces procédures.

Ma grand-mère n'a pour ainsi dire pas eu d'informatique ou d'électronique à gérer. Elle s'est sentie perdue bien plus tard dans sa vie.

11 novembre 2022, 19:08

Un mot

Erratique

07 novembre 2022, 09:36

Du temps à soi

Cher journal,

c'est fou, il n'y a que quand je suis au boulot que j'ai du temps pour écrire.

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Deliciously old shool, isn't it ?